Roman I

Gériclau

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L'Astre et le papillon

 

 

Un jour de novembre 1966, Romain en instaurant un ‘’monologue dialogué’’ nous immerge dans ses remémorations. Avec émotion, il distille les pages de sa vie, pages diluées dans les affres impitoyables d’une douleur morale, stigmates d’incessantes humiliations. Son mariage avec Éliane, dont il va découvrir des travers insoupçonnables et qui, malgré leurs deux fils, lui infligera moult avanies. Ce débordement de tortures mentales, morales va l’enliser dans une extrême souffrance.

Certes, son horizon est ponctué de parcelles de bonheurs anciens, chargés d’anecdotes et de faits qui marquèrent son esprit. L’enfance, la dureté de l’internat religieux et ses servitudes. Puis, une heureuse page de sa jeune vie d’homme pendant et malgré les turpitudes de la guerre. Ces souvenances sont le souffle ténu qui lui a permis de survivre et de sauvegarder sa dignité.

Pourquoi ces évocations, et pour quel aboutissement ?

 

 

 

 

Extrait

J’étais attablé parmi les déshérités de l’amour, les abonnés de l’ennui et quelques rares couples de tous âges qui venaient butiner un bonheur éphémère. Cette atmosphère, où les effluves d’alcool, les odeurs acides des sueurs, de tabac ranci et de remugle, les grisait. Une odeur, ô combien différente des bureaux, des ateliers, des boutiques où ils passaient l’essentiel de leur vie ; une odeur qu’ils préféraient peut-être. Ils mettaient leurs vicissitudes entre parenthèses.

Le Condé accueillait ses habitués dont la similarité était la nécessité de se désolidariser d’une solitude et d’une attristante routine.

Un barbu canonique, sec, au crâne chauve à l’œil humide et au teint olivâtre, et au costume dépenaillé m’avait, un jour, lancé tout à trac : « je hais les dimanches ! » Puis, il s’était enfermé dans le silence ; un silence étrange. J’observais à la dérobée son visage, son regard perçant un horizon qui lui appartenait. Il était devenu lointain.

Incidemment, j’appris que le vieil homme avait mis un terme à ses jours, aux aurores d’un dimanche d’hiver.

 

Assis face à moi, mon fils aîné Gilles – dix-huit ans depuis un mois – totalement indifférent à ma présence, me laissait tout loisir pour mon intériorisation.

Intériorisation que depuis quelque temps j’expulsais par écrit.

J'ouvris mon cahier.

Seconde Edition

© 2017 - L'Astre et le papillon

ISBN : 979-10-94738-xx-x

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Première Edition

© 2014 - L'Astre et le papillon

ISBN : 979-10-94738-01-6

 

ASIN : B0018PA0D6

Crédits photos gériclau & fotolia