Grain d'Europe

Gériclau

Grain d'Europe


    La Création élevée de l’humus, explosion de sensibilité, de romantisme et de rêves enfouis ; couches successives amoncelées par les siècles ; ce terroir, qui semble encore assoupi, vibre de ses herbes odorantes, de ses racines adventives noueuses et de ses troncs élancés. La saison estivale se pare d’une abondance feuillue. Ce giron verdoyant, piqueté d’étangs limpides, rappelle au promeneur que le juste droit de ce biotope est de se conserver dans le temps.


     À l’heure où le Périgord vert s’enthousiasme pour l’Europe et s’ouvre à d’immenses espérances, il convient de gager que la muse originelle des forêts périgordines attise le voyageur au respect de cette douce quiétude ; respect indispensable à la survie de l’humanité. Le souffle du vent se glisse entre les pierres de fermettes, de granges, d’édifices religieux, et chante l’harmonie antique pour affleurer en une subtile projection : passé, présent et futur.

    Il en faudrait des qualificatifs élogieux pour évoquer moult sites pittoresques et pour fêter dignement la nature et ses mystères. Mille et une pages suffiraient-elles pour témoigner de la fascination de ce cocon ébloui de lumière ? Cocon égayé, en mai, par l’appel itéré du coucou qui invite à ce bonheur inestimable ; les papillons, ces hôtes éphémères, parés d’ailes jaunes qui sur fond d’azur symbolisent le drapeau européen. Drapeau qui insuffle la magistrale unité des nations qui se doit d’affermir les principes fondamentaux de paix, d’égalité et de justice…

    Au soir couchant, une myriade d’étoiles constelle la voûte céleste du Périgord vert, émouvante évocation abstraite et poétique, d’un grain au sein de l’Union européenne.


     Endormez-vous paisiblement citoyens, oubliez les arguments de certains détracteurs, l’Union vous protège et sollicite les forces de l’esprit afin de vous régénérer !


Gériclau, © mai 2019


* 1805, fusion avec Champniers.

"...le Trieux qui serpente, tel un amant à la recherche d'une belle naïade..."

"...Ce giron verdoyant, piqueté d’étangs limpides..."

"...volonté souveraine du brave peuple laborieux, désireux de léguer un glorieux héritage..."


Ainsi naquit...

Épopée médiévale au XIIe siècle.


  L’attention de frère Bruno fut avivée par un petit dôme, nimbé de myosotis bleus, roses et blancs, alors qu’au loin curieusement un parterre de coquelicots s’épanouissait. Ce bloc de pierre – le dôme –, en forme de siège, semblait pailleté d’un halo de points scintillants aux rayons obliques du soleil.

   À pas retenus, comme s’il craignit d'éveiller cette masse, il s’en approcha. D'emblée, une douce attraction magnétique l’enveloppa. Ainsi, il déposa ses besaces dans l'herbe grasse. Fort de cette sensation grisante, il joignit les mains et commu-nia avec le Très-Haut.

  Seigneur ! Toi le Maître des beautés, de la Paix et de la grandeur ; Seigneur ! toi qui laisses à tes fils la liberté de respecter ou de rejeter ta lumière, accorde la force à un humble moine, de révéler ton Nom, et de vivifier ta Gloire en ce bas monde où Satan désire régner en conquérant. Amen !

 

***

 

   Dans l'horizon radieux, la forêt primitive, racine de vie, attisa la vitalité de frère Bruno ; ce furent alors l’élévation, le regain spirituel et la régénérescence du corps. Il perçut un frisson-nement et en déduisit qu’une source proche ajoutait à ses découvertes. Ce lieu béni du divin se dévoilait à son regard ému.

   Puisses-tu Seigneur, m’apporter plus de joie ailleurs qu'en ce macrocosme ? désires-tu me tenter, ou me soumettre à ta volonté souveraine ? J’ose à peine le croire sans sombrer plus profondément dans le doute.

  Emporté en une confiance béate, au terme de sa réflexion -unie à sa collation qui, même frugale -, lui avait procuré cette vigueur inattendue, le cistercien se mit sur son séant dans l’herbage tendre, et le dos en appui contre le rocher – son épaisse robe de bure en atténuant la dureté – il s’abandonna à un légitime repos.

 

Ainsi naquit... © Reilhac

Titre provisoire

Gériclau

Roman.

Extraits pages 131 et 133 (environ 300 pages)

Parution second semestre 2020 « Si le Seigneur le veut ! »

Saint-Paul de Reilhac,

église romane XIIe siècle. 

   De-ci, de-là, l'intemporel petit patrimoine trône orgueil-leusement, tel le calvaire de Vigne Redonde. Révérence au terroir, pause salutaire pour le paysan de jadis qui cheminait avec ardeur en ces lieux d'ancrage local de naissance à trépas. Au fil des sentiers et sous-bois, le Trieux qui serpente, tel un amant à la recherche d'une belle naïade, se faufile avec un charme bucolique jusqu'aux abords de Reilhac *. Village enrichi par son église en granit gris micacé qui scintille au soleil de midi et distille une angélique sérénité. En une perspective imaginaire, la vie d’autrefois s’anime ; richesse révélatrice de volonté souveraine du brave peuple laborieux, désireux de léguer un glorieux héritage.

Crédits photos gériclau